Cocktail de bienvenue et vernissage de l’exposition de Judith Nangala Crispin

October 19, 2019
07:30–09:00PM CET

18 Rue Emile Zola,
Perpignan,
Occitanie,
66000,
France
1 Boulevard Wilson,
Perpignan,
Occitanie,
66000,
France

Rejoignez nous pour un cocktail et pour le vernissage de notre exposition photographique du travail de Judith Nangala Crispin

Lumachrome glass print. Honeyeater, mud, maggots printed originally on fibre paper, 63.48cm x 44.42cm © Judith Nangala Crispin

Bio

Artiste et poète, Judith Nangala Crispin vit en Nouvelle-Galles du Sud, près du lac George, en Australie. Sa pratique des arts visuels est centrée sur la création de Lumachromes: impressions directes à la lumière sur plaque de verre avec des émulsions chimiques variées Judith a publié un recueil de poésie : The Myrrh-Bearers (Sydney : Puncher & Wattmann, 2015), et un livre sur la tribu aborigène Warlipiri en Australie qui réunit photographies, dessins et poésie:The Lumen Seed (New York : Daylight Books, 2017). Son roman en vers illustré, The Dingo’s Noctuary, sera publié avec Daylight Books en 2020. En 2019, ses Lumachromes ont été exposés à la Galerie Maunsell Wickes, Australie, à l’Autre Foire d’Art et au Festival International de la Photographie de Pingyao, Chine.

Déclaration de l’artiste

« L’origine de la création de ces Lumachromes sur plaque de verre est intimement reliée à ma relation avec deux groupes tribaux aborigènes d’Australie – le peuple Bpangerang, dont je suis descendante, et les Warlpiri qui ont pris soin de moi tout au long de ces vingt dernières années passées à essayer d’identifier les origines aborigènes perdues de ma famille. Ces Lumachromes sont créés à partir de méthodes photographiques archaïques – impressions directes à la lumière sur plaque de verre avec des émulsions chimiques variées.

Les éléments qui composent ces Lumachromes proviennent du Pays lui-même: carcasses d’animaux, ocres, brindilles et herbe. Exposées à la lumière naturelle pendant de nombreuses heures, ces images honorent les animaux indigènes et les oiseaux tués sur nos routes. En réalisant ces Lumachromes, je m’engage consciemment dans une collaboration avec Le Pays.

Ce travail repose sur deux questions. La première est la façon dont une femme, élevée dans une culture blanche, peut apprendre à être une femme aborigène – s’acquitter des obligations et des responsabilités qui sont inhérentes à sa position. Je ne peux devenir une femme de cérémonie, une femme de loi. La meilleure chose à laquelle je puisse aspirer est d’apprendre à honorer les morts, comme le font les femmes dans les systèmes tribaux. Et, comme c’est un objectif ambitieux, cela fait sens de commencer en pratiquant avec le monde des animaux et des oiseaux.

La deuxième question importante : quel genre de lien avec Le Pays reste possible pour une personne qui a perdu ses origines aborigènes, pour une personne qui n’a même aucune origine aborigène ou qui est née à l’étranger mais qui vit sur le sol australien. Mes amis Warlpiri me poussent vivement à ‘parler au Pays’, et ‘Le Pays répondra’ me disent-ils. Mais le seul langage que je connaisse est celui de meurtriers et de navires d’esclaves. Comment puis-je parler au Pays dans une langue qu’il ne peut pas comprendre ? Un autre langage doit être créé – une langue de symboles et de signes, de montagnes, d’étoiles, de corps, d’ocre. Je dois trouver un moyen de développer une langue partagée, une langue indépendante. Mes ancêtres ne me donneront pas la relation espérée avec Le Pays. Il ne suffit pas de dire « oh, j’aime ce paysage », de nourrir des oiseaux dans le parc ou de faire des promenades dans le bush australien l’après-midi. Le Pays est un être sauvage et sensible, et si je veux me relier à lui, je dois trouver un moyen de communication partagé.

Ces Lumachromes sont une tentative d’honorer les morts, et la recherche d’une syntaxe partagée avec Le Pays – pas quelque chose de transmis de génération en génération ou dans les tribus elles-mêmes, pas les abstractions des anthropologues, beaucoup d’entre eux n’ont jamais mis le pied sur Le Pays, mais un acte authentique de communication entre un individu et la terre où ces morts reposent. Ces images sont, en même temps, une ode pour un lapin ou un oiseau mort, et un acte de deuil pour le lien perdu de ma famille avec la terre sacrée. Nous sommes le peuple de nulle part – n’appartenant pas entièrement à la culture blanche, pas retourné entièrement à la culture noire. Nous devons recommencer, négocier une nouvelle relation avec Le Pays, une nouvelle langue, une nouvelle façon d’être sur la terre. »

JNC

Exposition réalisée avec le soutient du laboratoire DUPON PHIDAP. Paris